Ruptures, vertiges, cadeaux et autres promesses d’avenir
Article mis en ligne le 17 juin 2021
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Il s’agira, dans ce chapitre de synthèse, de réunir certaines constantes qui surgiront de 1789 à 1937. Ainsi les plus radicaux essaient de trancher le bras armé de la contre-révolution, l’Eglise !

a) L’assaut contre la/ les religion(s) [1793-1937]

éducation, culture, calendrier, destructions …

Cf. ZUBER Valentine Zuber, La Laïcité en débat – Au-delà des idées reçues, Cavalier Bleu 2020 ; Histoire et postérité de la Déclaration universelle des droits de l’Homme – Nouvelles approches, Presses Universitaires de Rennes 2021 ;
BAUBEROT Jean et MAMERI-CHAAMBI Dorra, La loi de 1905 n’aura pas lieu – Histoire politique des Séparations des Eglises et de l’Etat (1902-1908), tome 1 : L’impossible « loi de liberté » (1902-1905), éditions de la Maison des sciences de l’Homme 2019 ;
 
FERRAT Jean, Le sabre et le goupillon (1964) ; BRASSENS Georges, Tempête dans un bénitier (1976)

b) L’irruption des femmes et des « minorités »

c) Démocratie directe ou régime parlementaire

« Tous les arts ont produit des merveilles ; l’art de gouverner n’a produit que des monstres. » ; « Un peuple n’a qu’un ennemi dangereux, c’est son gouvernement. » ; « Tout le monde veut gouverner, personne ne veut être citoyen. Où est donc la Cité ? » (St-Just)
Sans doute est-il impensable que la Révolution qui avait brisé « le Trône et l’Autel », l’hégémonie aristocratique ait, dans le même temps, broyé la révolte des « gens de peu ». Ceux qui avaient érigé en nouvelles Tables de la loi la ci-devant Déclaration des Droits de l’homme ont foulé aux pieds les droits essentiels …

d) La guerre, moyen d’étendre ou d’éteindre la Révolution [1792-1936] ?

« Pas de liberté pour les ennemis de la liberté. » (St-Just)

Kautsky sur le pillage ?

Le mouvement vers la guerre correspond au schisme qui brise l’unanimité de façade des patriotes qui siègent encore à l’extrême gauche : d’un côté, Vergniaud, Brissot et Roland souhaitent la guerre comme moyen de faire tomber les trônes et de réduire l’influence de Louis XVI ; de l’autre Robespierre, Marat qui préfèrent déjouer les complots internes et ne pas se lancer dans une guerre coûteuse, qui peut défaire le processus révolutionnaire et se heurter à d’autres « patriotismes » : « Personne n’aime les missionnaires armés », dit Robespierre aux Jacobins.

e) La révolution scientifique et technique

« Toute révolution a ses gagnants et ses perdants. […] Dans la seconde moitié du XVIIe siècle, une nouvelle élite scientifique composée de gentilhommes, qui trouvaient leurs idéaux et leur inspiration chez Bacon, Boyle et Galilée, occupa le devant de la scène en exploitant les connaissances artisanales dans lesquelles ils avaient puisé. Cette nouvelle élite avait installé ses avant-postes de Naples à Stockholm et de Londres à Saint-Pétersbourg, et dominait au Siècle des lumières toute l’Europe. S’il y eut bien entendu des exceptions individuelles, la plupart des artisans et des ouvriers, après avoir révolutionné les sciences, virent leur situation se dégrader. Les secrets de leur métier devenus publics et leur savoir-faire intégrés au système industriel, ils perdirent leur indépendance économique. Les plus chanceux trouvèrent un emploi dans la nouvelle économie en devenant salariés, et se virent « disqualifiés » par le travail à la chaîne et les tâches interchangeables, tandis que les autres furent mis au rebut comme de vulgaires déchets humains. […] Au milieu du XVIIe siècle, les chasses aux sorcières atteignirent un tel degré de frénésie que les inquisiteurs pouvaient aussi bien lancer des accusations contre des campagnardes sans défense que contre des membres des élites ecclésiastique et temporelle … » (chapitre 6 « Du XVIe au XVIIIe siècle : à qui profita la révolution scientifique », pages 331 et 348) ;

f) L’ÉCONOMIE (la monnaie et le crédit ; les communs (propriété, subsistances) ?

La paysannerie, nourricière, libérée
« A l’issue de la période révolutionnaire, la propriété paysanne, libre de toute entrave, s’est accrue et le nombre de propriétaires est passé de 4 à 7 millions. Les surfaces cultivées ont augmenté par essartage [Défrichement d’un terrain boisé en vue de sa mise en culture temporaire ou permanente.] (…) Ces deux facteurs : augmentation des propriétaires intéressés directement à produire le plus possible un produit de la meilleure qualité possible, et augmentation des surfaces cultivées permettent aux paysans français de nourrir le reste des Français. Cette solution extensive, rendue possible par l’abondance d’hommes et de terres, dispense d’adopter la solution intensive anglaise de la révolution agricole. » (page 226 PERONNET)

« Premier propriétaire terrien sous l’Ancien régime, le clergé spolié avait participé, malgré lui, à la transformation de la paysannerie française : d’un seul coup, la France devint une nation de petits propriétaires jaloux de leur champ nouvellement acquis. Mais la production agricole fit un tel bond que la France révolutionnaire, malgré ses difficultés, les guerres et les blocus, parvint à nourrir sa population parfois mieux que les puissances qui l’avaient attaquée. » (page 72 PARAIRE)

g) La contre-révolution

h) autres ?
Le souvenir de la Grande Révolution française ne peut s’effacer puisque les questions humaines, sociales et donc universelles n’ont cessé, malgré les tentatives d’émancipation bien décrites par Charles REEVE, Daniel GUERIN … d’être repoussées devant nous : 
• Les droits universels certes, mais qu’en est-il des devoirs ?
• Un processus révolutionnaire peut-il être pacifique ? Comment éviter une spirale violente face aux anciens « privilégiés » qui veulent se maintenir coûte que coûte ?
• Qu’est-ce qu’un Etat : un veilleur de nuit ; un automate aux ordres ?
• Qu’est-ce qui peut (doit) être mis en commun ?

Thèses en lice :
1 – Ce sont les CIRCONSTANCES qui conduisent à la Terreur !
2 – Dès 1789, la violence est au cœur de la RF. Toute Révolution est une régression : elle dévore non seulement les siens mais provoque un cataclysme, un désordre incontrôlable !
3 – Les grandes transformations sont nécessairement violentes car les « conservateurs » ne veulent pas perdre petits ou grands privilèges !

Dès le XIXe siècle se met en place une quadruple lecture de la Révolution française, selon les affinités politiques de chaque historien :
• Une lecture contre-révolutionnaire (catholique et royaliste), qui condamne la Révolution en bloc, jugeant que les évènements violents — les journées révolutionnaires et la Terreur — sont déjà contenus dans les principes de 1789 ;
• Une lecture « libérale », qui revendique l’héritage de 1789 mais condamne la Terreur de 1793-1794, jugeant que les deux périodes doivent être séparées ;
• Une lecture « jacobine », voire marxiste, qui considère que la Révolution est « un bloc » (selon le mot de Clémenceau) dont on ne peut critiquer ou retrancher d’élément sans remettre en cause l’ensemble ; que la Révolution a besoin d’un Etat centralisateur (« socialiste ») pour vaincre et empêcher que les intérêts privés ne disloquent la nouvelle société ;
• Une lecture libertaire plus récente, à la suite des ouvrages de Kropotkine (1842-1921) rédigé en 1909 (La Grande Révolution), et celui de Guérin de 1946. Car, si la Révolution française a bien été bourgeoise – aidée en cela par la lame de fond de la mise en place du capitalisme européen – dans ses forces directrices et ses conséquences, elle a pris un tour nettement populaire à mesure qu’elle s’approfondissait. Dès lors qu’il fallait balayer une aristocratie décidée à ne rien lâcher de ses privilèges et de son pouvoir, la bourgeoisie révolutionnaire a dû solliciter la participation active du petit peuple, qui a fini par prendre au mot les grandes déclarations de 1789 et à entrer en lutte pour défendre ses intérêts propres. Pour Daniel Guérin, c’est l’exigence du « pain quotidien » qui amène les classes populaires à intervenir directement sur la scène politique et sociale en plusieurs moments décisifs. Portées bien au-delà de leurs aspirations initiales par la « force des choses » (comme disait Saint-Just), l’action tumultueuse de larges masses, au terme d’un processus particulièrement chaotique, à renversé la monarchie et empêché tout retour en arrière …

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